Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique ne se calcule plus tout à fait de la même façon. Le coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9. Concrètement, la même consommation électrique compte désormais pour moins dans le calcul, et la note s'en trouve mécaniquement améliorée pour une partie du parc.
Personne n'a fait de travaux. Le logement n'a pas changé. La règle de calcul, si.
Ce que le changement produit, et pour qui
La réforme ne bénéficie qu'aux logements dont la consommation passe par l'électricité : chauffage électrique, pompe à chaleur, eau chaude sanitaire électrique. Un logement au gaz ou au fioul n'est pas concerné, sa conversion en énergie primaire ne bougeant pas.
Selon le ministère de l'économie, environ 850 000 logements sortent du statut de passoire énergétique du fait de ce seul changement, sur les 4,8 millions de passoires recensées dans le parc de résidences principales au 1er janvier 2023.
Ce n'est donc ni marginal ni universel. C'est un basculement de classe qui dépend entièrement du mode de chauffage.
Le point que presque personne n'active : la mise à jour est gratuite
C'est ici que se joue l'intérêt pratique.
Les DPE réalisés en 2025 et avant restent valables, et ils continuent d'afficher l'ancienne note, calculée avec l'ancien coefficient. Mais ils peuvent être mis à jour sans frais et sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur, dès lors que le recalcul améliore la note.
Autrement dit : un propriétaire dont le logement électrique était classé F en 2024 peut détenir aujourd'hui, sans rien faire d'autre que le demander, un diagnostic à jour affichant une classe supérieure. Tant qu'il ne le demande pas, c'est l'ancienne note qui circule, sur son annonce comme dans son dossier de vente ou de location.
Pourquoi la classe commande plus qu'une étiquette
La note n'est pas qu'un repère de confort. Elle conditionne le droit de louer, selon un calendrier posé par la loi Climat et Résilience :
- Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus considéré comme décent, et ne peut donc plus être proposé à la location. L'interdiction vaut pour les nouveaux baux comme au renouvellement ou à la reconduction tacite d'un bail en cours.
- À compter de 2028, la même règle s'appliquera aux logements classés F.
- À compter de 2034, elle s'étendra aux logements classés E.
Un basculement de F vers E n'est donc pas cosmétique : il déplace l'échéance d'interdiction de 2028 à 2034, soit six ans de différence sur la capacité à louer le bien.
Un DPE a une durée de vie, et certains sont déjà périmés
Le diagnostic remis lors d'une vente ou d'une signature de bail doit dater de moins de dix ans.
Une exception a déjà produit ses effets : les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré au 1er janvier 2025. Un propriétaire qui s'appuie encore sur un diagnostic de cette période n'a pas un DPE ancien, il n'en a plus.
L'effet sur le prix de vente
Les Notaires de France mesurent chaque année ce qu'ils appellent la valeur verte, c'est-à-dire l'écart de prix observé entre des logements comparables ne différant que par leur classe énergétique. Leur étude sur les transactions 2024 établit que les logements performants se vendent plus cher et les logements très énergivores moins cher, à caractéristiques équivalentes.
Nous renvoyons à cette étude plutôt que d'en citer un pourcentage de mémoire : l'écart varie fortement selon la région, le type de bien et l'année, et un chiffre national appliqué à un cas particulier n'apprend rien d'utile. Ce qui se retient, c'est le sens de l'effet, et le fait qu'un changement de classe obtenu par recalcul se répercute sur le même terrain qu'un changement obtenu par travaux.
Ce que cela change sur le littoral nazairien
Une part importante du parc de résidences secondaires du littoral est chauffée à l'électricité, configuration fréquente dans les maisons et appartements de bord de mer selon leur période de construction. C'est précisément la catégorie que le nouveau coefficient favorise.
Deux situations méritent d'être regardées de près sur ce territoire. Celle d'un propriétaire qui louait ou envisageait de louer un bien classé F ou G, et pour qui un recalcul peut rouvrir une possibilité que le calendrier avait fermée. Et celle d'un propriétaire qui s'apprête à vendre avec un diagnostic établi avant 2026, donc avec une note qui ne reflète plus la règle en vigueur.
Cette question arrive rarement seule. Sur une résidence secondaire, elle se pose en même temps que l'assiette de l'IFI, le calcul de la plus-value à la revente, et parfois le sort du bien dans une transmission. Ces sujets se calculent ensemble.
Ce qu'il faut vérifier
- La date de votre DPE actuel. Avant 2026, il a été calculé avec l'ancien coefficient. Entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021, il est expiré.
- Le mode de chauffage et de production d'eau chaude. Sans électricité dans l'équation, le recalcul ne change rien.
- La classe exacte et sa distance au seuil. Un logement en haut de la classe F n'est pas dans la même situation qu'un logement en bas de la classe G.
- La possibilité d'obtenir la mise à jour gratuite, auprès du diagnostiqueur qui a établi le diagnostic initial.
Nous informons de l'existence de ces règles et en décrivons les effets ; nous ne recommandons ni de vendre, ni de louer, ni d'engager des travaux à votre place. Pour situer l'impact sur votre propre situation, l'Audit Flash, simulateur patrimonial gratuit pose un premier diagnostic chiffré, et notre page modèle et honoraires explique comment nous travaillons, sans commission ni rétrocession. Le cabinet est installé à Saint-Nazaire : nos analyses appliquées à ce territoire sont réunies sur la page résidence secondaire du littoral, IFI et transmission.
