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Veille fiscale

DPE : votre logement a peut-être changé de classe le 1er janvier 2026, sans travaux

Une modification de calcul entrée en vigueur au 1er janvier 2026 fait mécaniquement remonter la note de certains logements chauffés à l'électricité, sans le moindre travaux. Et un diagnostic établi en 2025 ou avant peut être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite. Encore faut-il le demander.

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  1. 01Veille fiscaleCatégorie
  2. 0230 août 2026Publié · mis à jour le 27 septembre 2026
  3. 036 min de lecture8 sections, sommaire le long du texte

Par Samuel Agostini

Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique ne se calcule plus tout à fait de la même façon. Le coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9. Concrètement, la même consommation électrique compte désormais pour moins dans le calcul, et la note s'en trouve mécaniquement améliorée pour une partie du parc.

Personne n'a fait de travaux. Le logement n'a pas changé. La règle de calcul, si.

Mise à jour du 13 septembre 2026 : un second changement au 1er janvier 2027

Le calcul va bouger une deuxième fois. Un arrêté du 19 août 2026 abaisse de nouveau le coefficient de conversion de l'électricité, de 1,9 à 1,7, à compter du 1er janvier 2027. Selon la foire aux questions publiée le 26 août 2026 par le ministère de la transition écologique, environ 300 000 logements, principalement chauffés à l'électricité, sortiront ainsi du statut de passoire énergétique, sur la base des chiffres au 1er janvier 2025.

Les règles d'application suivent la même logique que la réforme de 2026 :

  • les diagnostics établis avant cette date restent valables dix ans ;
  • sans refaire le diagnostic, le propriétaire pourra, à partir du 1er janvier 2027, télécharger gratuitement une attestation sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, en saisissant le numéro de son rapport.

Un logement électrique que le changement de janvier 2026 n'a pas suffi à faire changer de classe peut donc basculer au suivant. Pour un bien situé en haut de la classe F, l'échéance de 2028 mérite d'être relue à la lumière de ce second recalcul.

Ce que le changement produit, et pour qui

La réforme ne bénéficie qu'aux logements dont la consommation passe par l'électricité : chauffage électrique, pompe à chaleur, eau chaude sanitaire électrique. Un logement au gaz ou au fioul n'est pas concerné, sa conversion en énergie primaire ne bougeant pas.

Selon l'estimation actualisée du ministère du logement, publiée au Journal officiel le 3 février 2026, environ 700 000 logements, principalement chauffés à l'électricité, sortent du statut de passoire énergétique du fait de ce seul changement, sur la base des chiffres au 1er janvier 2025. Une première estimation, établie sur le parc de 2023, en annonçait 850 000.

Ce n'est donc ni marginal ni universel. C'est un basculement de classe qui dépend entièrement du mode de chauffage.

Le point que presque personne n'active : la mise à jour est gratuite

C'est ici que se joue l'intérêt pratique.

Les DPE réalisés en 2025 et avant restent valables, et ils continuent d'afficher l'ancienne note, calculée avec l'ancien coefficient. Mais ils peuvent être mis à jour sans frais et sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur, dès lors que le recalcul améliore la note.

Autrement dit : un propriétaire dont le logement électrique était classé F en 2024 peut détenir aujourd'hui, sans rien faire d'autre que le demander, un diagnostic à jour affichant une classe supérieure. Tant qu'il ne le demande pas, c'est l'ancienne note qui circule, sur son annonce comme dans son dossier de vente ou de location.

Pourquoi la classe commande plus qu'une étiquette

La note n'est pas qu'un repère de confort. Elle conditionne le droit de louer, selon un calendrier posé par la loi Climat et Résilience :

  • Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus considéré comme décent, et ne peut donc plus être proposé à la location. L'interdiction vaut pour les nouveaux baux comme au renouvellement ou à la reconduction tacite d'un bail en cours.
  • À compter de 2028, la même règle s'appliquera aux logements classés F.
  • À compter de 2034, elle s'étendra aux logements classés E.

Un basculement de F vers E n'est donc pas cosmétique : il déplace l'échéance d'interdiction de 2028 à 2034, soit six ans de différence sur la capacité à louer le bien. Ce que ce calendrier implique bail par bail, le gel du loyer et les dérogations en débat sont détaillés dans logement classé F et location en 2028.

Un DPE a une durée de vie, et certains sont déjà périmés

Le diagnostic remis lors d'une vente ou d'une signature de bail doit dater de moins de dix ans.

Une exception a déjà produit ses effets : les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré au 1er janvier 2025. Un propriétaire qui s'appuie encore sur un diagnostic de cette période n'a pas un DPE ancien, il n'en a plus.

L'effet sur le prix de vente

Les Notaires de France mesurent chaque année ce qu'ils appellent la valeur verte, c'est-à-dire l'écart de prix observé entre des logements comparables ne différant que par leur classe énergétique. Leur étude sur les transactions 2024 établit que les logements performants se vendent plus cher et les logements très énergivores moins cher, à caractéristiques équivalentes.

Nous renvoyons à cette étude plutôt que d'en citer un pourcentage de mémoire : l'écart varie fortement selon la région, le type de bien et l'année, et un chiffre national appliqué à un cas particulier n'apprend rien d'utile. Ce qui se retient, c'est le sens de l'effet, et le fait qu'un changement de classe obtenu par recalcul se répercute sur le même terrain qu'un changement obtenu par travaux.

Ce que cela change sur le littoral nazairien

Une part importante du parc de résidences secondaires du littoral est chauffée à l'électricité, configuration fréquente dans les maisons et appartements de bord de mer selon leur période de construction. C'est précisément la catégorie que le nouveau coefficient favorise.

Deux situations méritent d'être regardées de près sur ce territoire. Celle d'un propriétaire qui louait ou envisageait de louer un bien classé F ou G, et pour qui un recalcul peut rouvrir une possibilité que le calendrier avait fermée. Et celle d'un propriétaire qui s'apprête à vendre avec un diagnostic établi avant 2026, donc avec une note qui ne reflète plus la règle en vigueur.

Cette question arrive rarement seule. Sur une résidence secondaire, elle se pose en même temps que l'assiette de l'IFI, le calcul de la plus-value à la revente, et parfois le sort du bien dans une transmission. Ces sujets se calculent ensemble.

Ce qu'il faut vérifier

  • La date de votre DPE actuel. Avant 2026, il a été calculé avec un coefficient de 2,3, en 2026 avec 1,9, et à partir de 2027 ce sera 1,7. Entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021, il est expiré.
  • Le mode de chauffage et de production d'eau chaude. Sans électricité dans l'équation, le recalcul ne change rien.
  • La classe exacte et sa distance au seuil. Un logement en haut de la classe F n'est pas dans la même situation qu'un logement en bas de la classe G.
  • La possibilité d'obtenir la mise à jour gratuite, en téléchargeant l'attestation de nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans refaire le diagnostic.

Nous informons de l'existence de ces règles et en décrivons les effets ; nous ne recommandons ni de vendre, ni de louer, ni d'engager des travaux à votre place. Pour situer l'impact sur votre propre situation, l'Audit Flash, simulateur patrimonial offert pose un premier diagnostic chiffré, et notre page modèle et honoraires explique comment nous travaillons, sans commission ni rétrocession. Le cabinet est installé à Saint-Nazaire : nos analyses appliquées à ce territoire sont réunies sur la page résidence secondaire du littoral, IFI et transmission.

Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande le plus souvent.

Oui, si la consommation du logement passe par l'électricité (chauffage électrique, pompe à chaleur, eau chaude électrique). Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026, et passera à 1,7 le 1er janvier 2027. Un logement chauffé au gaz ou au fioul n'est pas concerné.

Sources & avertissement

Information générale à jour au 27 septembre 2026. Cet article présente des mécanismes fiscaux à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. La fiscalité évolue à chaque loi de finances et son application dépend de votre situation. Pour un chiffrage adapté à votre cas, réalisez votre Audit Flash offert.

  • Arrêté du 19 août 2026 abaissant le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire, NOR VLOL2617030A, Journal officiel du 26 août 2026 (entrée en vigueur le 1er janvier 2027, attestation de l'ADEME à l'article 3)
  • Assemblée nationale, question écrite n° 9716, réponse du ministère de la ville et du logement publiée au Journal officiel du 3 février 2026 (environ 700 000 logements, parc au 1er janvier 2025)
  • Ministère de la transition écologique, FAQ « DPE, modification du facteur de conversion en énergie primaire de l'électricité », mise à jour du 26 août 2026 (arrêté du 19 août 2026)
  • service-public.gouv.fr, fiche F16096 « Diagnostic de performance énergétique (DPE) », vérifiée le 1er janvier 2026
  • economie.gouv.fr, « Un nouveau DPE au 1er janvier 2026 pour favoriser le chauffage électrique »
  • Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi Climat et Résilience (critères de décence énergétique)
  • Notaires de France, « La valeur verte des logements en France sur les transactions 2024 et tendances 2025 »

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